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Le présent avis du personnel fait suite au Document de consultation conjoint 23-406 des ACVM et de l’OCRCVM, Internalisation du marché canadien des titres de capitaux propres (le document de consultation), publié le 12 mars 2019 pour une période de 60 jours par le personnel des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (les ACVM) et de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (l’OCRCVM) (collectivement, le personnel ou nous)1. Ce document visait à répondre aux préoccupations soulevées par l’internalisation des opérations sur titres de capitaux propres au sein des marchés canadiens. Vingt et un mémoires ont été reçus.
Le présent avis du personnel résume les commentaires obtenus, actualise certaines données présentées dans le document de consultation et fait le point sur les prochaines étapes.
En 2017, le personnel a pris connaissance des inquiétudes croissantes entourant l’expansion perçue de l’internalisation des ordres d’investisseurs individuels et des petits ordres sur le marché canadien des titres de capitaux propres.
L’internalisation s’entend généralement des opérations exécutées par un seul courtier qui agit à la fois comme acheteur et comme vendeur, que ce soit en qualité de mandataire dans les deux sens de l’opération internalisée ou pour compte propre en prenant le sens opposé d’un ordre client. Sur les marchés canadiens, les opérations peuvent être internalisées par l’exécution d’une « application intentionnelle » ou par une « application non intentionnelle »2 .
Le document de consultation présente des renseignements de base, y compris une description de certains aspects pertinents du cadre réglementaire canadien, énonce des préoccupations et des enjeux particuliers, et expose des données illustrant les niveaux récents d’internalisation au Canada.
Nous analysons ci-après les principaux enjeux présentés dans le document de consultation et les commentaires reçus en réponse à ce dernier. Le résumé complet desdits commentaires, accompagné de nos réponses, est joint au présent avis à titre d’Annexe B.
En plus de décrire divers enjeux et de solliciter des commentaires, le document de consultation renfermait des données illustrant l’ampleur des éléments suivants :
Pour ce qui des applications intentionnelles et non intentionnelles, les données qui y figuraient reposaient sur l’information transmise à l’OCRCVM par chaque marché canadien à l’aide du signal MRF (Market Regulation Feed) pour la période de janvier 2016 à juin 2018.
Les données sur l’ampleur de la direction préférentielle du flux d’ordres ont été directement fournies au personnel par les marchés mêmes. Toutefois, ce ne sont pas tous les marchés canadiens qui ont été en mesure de faire correctement la distinction entre les applications non intentionnelles qui découlaient de la direction préférentielle du flux d’ordres en tant que telle (et où la priorité temporelle n’avait pas été suivie) et celles dans lesquelles un ordre en attente était déjà en position de priorité temporelle et aurait été exécuté en dépit de la direction préférentielle. Ces données incomplètes visaient la période de janvier 2017 à juillet 2018.
Comme un certain temps s’est écoulé depuis la publication du document de consultation et notre examen des commentaires reçus ainsi que des données associées recueillies, nous jugeons important de mettre à jour certaines données afin qu’elles reflètent plus fidèlement les statistiques actuelles du marché. À l’Annexe A, nous republions donc des données révisées couvrant la période de janvier 2016 à octobre 2019. Dans le but d’en faciliter la lecture, nous y présentons aussi sous forme de tableaux des renseignements qui apparaissaient dans des graphiques dans le document de consultation.
Toutefois, les données à l’Annexe A n’actualisent pas l’information relative à la direction préférentielle du flux d’ordres initialement fournie par les marchés pour les besoins du document de consultation. Quoiqu’instructives, ces données n’englobaient pas tous les marchés canadiens et étaient de ce fait incomplètes aux fins des orientations réglementaires. L’OCRCVM a travaillé de concert avec les marchés canadiens afin qu’ils lui transmettent cette information, mais il ne la reçoit pas depuis assez longtemps pour pouvoir présenter des renseignements à jour à l’Annexe A. Les analyses futures tiendront compte de cette information et pourraient aussi porter sur d’autres évolutions de la structure du marché, comme les changements mis en œuvre par les marchés qui sont susceptibles d’influer sur l’ampleur de l’internalisation.
Dans le document de consultation, le personnel a délibérément omis d’exprimer son opinion sur les enjeux exposés et s’est plutôt concentré sur la sollicitation de commentaires qui contribueront à définir les futures orientations réglementaires. Les renseignements de base et les explications connexes qu’il y a donnés tenaient compte des intérêts opposés associés à l’internalisation et se voulaient une présentation équilibrée de ce qu’il considère comme les enjeux de fond.
Les commentaires reçus étaient variés et, en accord avec la façon dont les enjeux étaient formulés dans le document de consultation, l’équilibre représentait un thème commun aux réponses fournies. Particulièrement à l’égard de la direction préférentielle du flux d’ordres, bien que cette pratique aille à l’encontre du principe de la priorité cours temps dans l’exécution des ordres, elle fait depuis longtemps partie de la structure du marché canadien. Dans sa forme actuelle, elle peut permettre aux courtiers de bénéficier de l’interaction avec leurs propres ordres, tout en pouvant profiter à certains clients individuels en améliorant la qualité d’exécution. Ses résultats peuvent être nuancés, de sorte qu’il est possible que tous les participants au marché ne soient pas touchés de la même manière. D’après les commentaires reçus et les données examinées, nous ne croyons pas que le mode de fonctionnement actuel du marché canadien justifie à court terme des travaux de réglementation ou des modifications du cadre réglementaire existant.
Rappelons que le document de consultation précise que les courtiers peuvent utiliser des systèmes pour automatiser l’internalisation des ordres, et que ces systèmes peuvent sembler présenter les caractéristiques d’un marché au sens de la réglementation canadienne. Pour de plus amples renseignements, se reporter aux indications sur les circonstances dans lesquelles le courtier peut être considéré comme exploitant un marché qui sont exposées dans l’Instruction générale relative au Règlement 21-101 sur le fonctionnement du marché4. Les ACVM envisageront s’il y a lieu de fournir d’autres précisions à ce sujet.
Quant aux données à jour publiées à l’Annexe A, le personnel constate que l’ampleur des applications non intentionnelles a crû depuis la période de six mois allant de janvier à juin 2018, soit la dernière période visée par les données initialement publiées dans le document de consultation. Les données les plus récentes dénotent une augmentation, mais le personnel, après examen des données non publiques sous-jacentes, conclut que ce fait n’est nullement indicatif de modifications générales du mode de gestion des ordres par les courtiers ni de préoccupations particulières nécessitant une réponse réglementaire immédiate.
Le personnel continuera néanmoins de surveiller de près les données et, en cas d’indications que la qualité du marché canadien risque de pâtir des modifications des pratiques d’internalisation, dont celle attribuable à l’utilisation des systèmes des courtiers, il se penchera sur les mesures qui s’imposent.
Veuillez adresser vos questions à l’une des personnes suivantes :
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Roland Geiling |
Serge Boisvert |
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Lucie Prince |
Kent Bailey |
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Kortney Shapiro |
Ruxandra Smith |
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Jesse Ahlan |
Meg Tassie |
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Kevin McCoy |
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Annexe A - Analyse quantitative de l’internalisation sur les marchés canadiens
Annexe B - Résumé des commentaires reçus et des réponses données
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