Choisir un conseiller

Comme bien des gens, vous pouvez trouver un conseiller par l’entremise d’un ami ou d’un membre de votre famille, au moyen de recherches sur Internet, à la suite d’une publicité ou par l’intermédiaire d’une institution financière qui peut vous en attribuer un. Cette démarche ne constitue toutefois qu’une première étape. L’information qui suit vous aidera à déterminer si un conseiller vous convient ou non et à tirer le meilleur parti de votre relation avec celui-ci.

Quatre questions à poser avant de choisir un conseiller :

  1. Quelles sont votre formation, vos compétences professionnelles et votre expérience?
  2. Êtes-vous inscrit auprès d’un courtier?
  3. Quels types de produits et services offrez-vous?
  4. De quelle façon êtes-vous rémunéré?

La première rencontre

La première rencontre avec un conseiller devrait favoriser l’échange de renseignements et vous permettre de savoir si celui-ci vous convient. N’hésitez pas à consulter plusieurs conseillers avant d’arrêter votre choix. Vous ne devriez jamais vous sentir obligé de prendre des décisions ou des engagements financiers ou encore d’ouvrir un compte à ce moment-là. Profitez-en pour exposer vos objectifs et poser des questions. Vous trouverez ci-après des exemples de questions que vous pourriez poser à un conseiller lors de votre premier rendez-vous. Il est recommandé de prendre des notes pour vous rappeler de la teneur de votre entretien plus tard.

  1. Renseignez-vous sur l’expérience et les compétences de chaque conseiller : renseignez-vous sur l’expérience et les compétences de chaque conseiller et choisissez celui qui semble le mieux en mesure de répondre à vos besoins en services financiers et à votre niveau de connaissance des placements. Un investisseur qui a 15 000 $ à placer exigera peut-être un niveau de service différent de celui qui dispose de 250 000 $. Prenez aussi en considération les frais de service qui varient d’un conseiller à l’autre. Sachez ce que veulent dire les titres ou les désignations utilisés par le conseiller. Un glossaire pratique des titres de compétence en finances et de leur signification est présenté au Comprendre les titres de compétence en finances.
  2. Renseignez-vous sur le courtier qui emploie le conseiller : tous les conseillers sont des représentants ou des employés d’un courtier. Le logo et le nom du courtier peuvent être inscrits sur une affiche dans les locaux du conseiller, sur l’en-tête de lettre de certains documents ou sur le site Web ou dans la signature de courriel du conseiller. Il est important de savoir qui est le courtier, puisqu’il est chargé de surveiller les activités de ses conseillers, d’établir les diverses politiques et procédures que ceux-ci doivent respecter et d’approuver les titres qu’ils peuvent offrir. Renseignez-vous sur le courtier en demandant depuis combien de temps il exerce des activités et depuis combien de temps le conseiller travaille pour lui. Demandez si le courtier est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI). L’OCRI régit la conduite des courtiers et des conseillers, surveille la conformité avec les règles, tient des audiences disciplinaires et exige que les courtiers participent au Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI), un plan de protection qui couvre les pertes des clients en cas d’insolvabilité d’un courtier.
  3. Renseignez-vous sur les produits et services offerts par le conseiller : les conseillers n’offrent pas tous les mêmes produits de placement et services consultatifs. Ainsi, certains conseillers peuvent prodiguer des conseils financiers complets qui ne se limitent pas aux placements, tels que les conseils fiscaux et la planification successorale. Pensez à vos besoins financiers et discutez-en avec le conseiller pour savoir si la gamme de produits et services qu’il offre vous convient. 

    Demandez au conseiller si les produits ou services qu’il offre sont vendus à l’extérieur du courtier. Dans un tel cas, vous faites affaire directement avec lui ou avec son entreprise personnelle et non avec son courtier. Toutes les activités de négociation et tous les services de conseils liés aux valeurs mobilières doivent être exécutés par l’intermédiaire d’un courtier, mais un service ou un produit qui ne concerne pas les valeurs mobilières peut être vendu ou offert à l’extérieur du courtier. Il est important de comprendre la différence parce que le courtier n’exerce aucune surveillance sur les produits et services qu’il ne vend pas, et il pourrait ne pas être assujetti aux mêmes mesures de protection réglementaires que celles applicables aux activités liées aux valeurs mobilières. Les titres hypothécaires, les produits d’assurance et les certificats de placement garanti (CPG) sont des exemples de produits de placement qui peuvent être vendus à l’extérieur du courtier. Quant aux services externes, il peut s’agir de préparation de déclarations de revenus et de planification financière. Les conseillers doivent obtenir l’autorisation du courtier qui les emploie avant d’exercer des activités externes. Demandez au conseiller un exemplaire du document d’information sur les activités externes pour savoir si l’un des produits ou services qu’il offre fait partie de ces activités.
  4. Discutez de la rémunération : les conseils en placement ne sont jamais gratuits, et vous devez comprendre la rémunération que le conseiller recevra pour ses services, la manière dont celle-ci est versée et ce qu’il vous en coûtera. Tous ces facteurs varient et dépendent des services fournis ainsi que des compétences et du niveau d’expérience du conseiller. Les conseillers peuvent être rémunérés de diverses manières.
    1. Ils peuvent toucher des commissions pour chaque opération ou pour chaque placement que vous détenez. Vous pouvez payer ces frais indirectement à votre conseiller, puisqu’ils peuvent être inclus dans le prix des placements effectués ou des opérations exécutées.
    2. Ils peuvent toucher des frais qui sont facturés directement aux clients, habituellement établis selon un pourcentage de la valeur des actifs dans le compte de ceux-ci. Par exemple, un conseiller peut demander des frais annuels qui correspondent à 1 % des sommes que vous investissez et qui sont versés directement au courtier qui l’emploie. Ces frais sont négociés au début de votre relation avec le conseiller.

Les conseillers peuvent aussi exiger des frais supplémentaires pour les autres services offerts comme la planification financière ou la planification successorale. Renseignez-vous sur les services qui sont inclus dans les frais que le conseiller facture et demandez-lui s’il y a d’autres frais à payer pour les services additionnels dont vous pourriez avoir besoin. 

Vous devez savoir qu’en plus de la rémunération que vous versez à un conseiller, d’autres frais d’exploitation et de gestion pourraient être payables lors de l’achat d’un produit de placement. Par exemple, la société qui gère un fonds commun de placement touche des frais de gestion. Étant donné que ces frais peuvent avoir une incidence sur le rendement de vos placements, il importe de connaître tous les coûts associés à un produit de placement. N’hésitez pas à poser des questions à votre conseiller pour obtenir des précisions. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les frais applicables aux divers types de placements comme les fonds communs de placement et les fonds négociés en bourse, consultez le gerezmieuxvotreargent.ca

Explorez ce sujet avec votre conseiller pour bien comprendre sa rémunération et être à l’aise avec le niveau des coûts pour les produits et services fournis.

Avant d’investir

Après avoir trouvé un conseiller avec qui vous aimeriez faire affaire, voici quelques étapes à suivre avant de placer votre argent.

Effectuez une revue

Passez en revue les notes que vous avez prises et posez-vous les questions suivantes au sujet de l’entretien avec le conseiller.

  • Étiez-vous à l’aise au cours de votre conversation?
  • A-t-il répondu à toutes vos questions de manière claire et détaillée?
  • Ses compétences et la gamme de produits et services qu’il offre pourront-elles satisfaire vos besoins?
  • Comprenez-vous la manière dont il est rémunéré?

Si vous avez répondu « non » à l’une de ces questions, cette personne ne vous convient peut-être pas. Envisagez alors de rencontrer d’autres conseillers. Vérifiez l’inscription et les antécédents disciplinaires du conseiller : pour avoir le droit de négocier des titres pour vous et de vous donner des conseils dans ce domaine, les conseillers doivent être inscrits auprès de l’autorité en valeurs mobilières compétente de la province ou du territoire où vous résidez. Pour savoir si un conseiller est inscrit, consultez le site sontilsinscrits.ca. Si vous ne trouvez pas son nom dans la base de données ou s’il n’est pas inscrit dans votre province ou territoire, cela veut dire qu’il n’est pas autorisé à vous prodiguer des conseils en matière de valeurs mobilières ni à vous proposer des titres. Vous ne devriez jamais faire affaire avec un conseiller qui n’est pas dûment inscrit. Vérifiez également si votre conseiller a fait l’objet d’une sanction disciplinaire imposée par l’OCRI ou par une autorité en valeurs mobilières. Si c’est le cas, ses antécédents s’afficheront avec les renseignements sur l’inscription lorsque vous faites une recherche sur le site www.sontilsinscrits.ca. Des recherches sur Internet pourraient également révéler des renseignements pertinents sur les antécédents du conseiller, comme une audience disciplinaire en cours.

Pour la suite : Collaborez avec votre conseiller

Pour tirer le meilleur parti de votre relation avec votre conseiller, vous devriez connaître vos responsabilités et celles du conseiller.

1. Les responsabilités de votre conseiller : Tous les courtiers et les conseillers sont régis par les lois sur les valeurs mobilières et doivent se conformer aux règles de l’OCRI. L’une des obligations les plus importantes prévues par la réglementation et que vous devriez connaître est celle qui incombe au conseiller et qui consiste à formuler des recommandations de placement qui conviennent à leurs clients et qui donnent préséance aux intérêts de ceux-ci.

Une évaluation adéquate de la convenance comprend plusieurs éléments dont les principaux sont présentés ci-après.

Connaissance du produit : Le conseiller doit connaître les faits essentiels et les caractéristiques de tout produit de placement qu’il recommande à un client, notamment comprendre la structure, les caractéristiques, les risques et les coûts associés à un placement.

Connaissance du client : Le conseiller doit connaître les faits essentiels concernant un client, qu’il obtient en discutant avec lui de ses besoins et de ses objectifs en matière de placement, de sa capacité à supporter les pertes et de son attitude envers le risque, entre autres facteurs. Il est alors plus facile pour le client de fournir l’information nécessaire, souvent appelée « renseignements liés à la connaissance du client », sur le formulaire d’ouverture de compte.

Explication des caractéristiques et des risques : Le conseiller devrait expliquer les principaux avantages et inconvénients de tout placement qu’il recommande à un client afin d’aider celui-ci à prendre une décision éclairée.

Outre l’obligation de convenance, les conseillers ont de nombreuses autres responsabilités importantes qui visent à protéger les investisseurs comme le devoir de résoudre les conflits d’intérêts en tenant compte de l’intérêt du client, le devoir d’agir avec équité et honnêteté et de bonne foi avec les clients et l’obligation de déclarer toute plainte formulée par un client au courtier, qui doit alors la traiter rapidement et équitablement.

2. Vos responsabilités : Vous avez toujours le dernier mot quant à vos décisions en placement. Comme pour tout autre avis professionnel, le but est de s’assurer que vous prenez des décisions judicieuses. Vous trouverez ci-après des conseils à suivre pour vous assurer que votre conseiller et vous avez en main tous les renseignements nécessaires au processus de consultation.

  • Prenez votre temps avant de prendre une décision et tenez compte des conseils que vous recevez. Prenez connaissance des documents que vous recevez. Si un document traite d’un sujet qui vous préoccupe ou que vous ne comprenez pas, n’hésitez pas à en parler avec votre conseiller ou votre courtier.
  • Posez des questions si vous ne comprenez pas une réponse et n’hésitez pas à demander des précisions. Si vous ne comprenez toujours pas tout à fait un placement après avoir obtenu des éclaircissements, le produit ne vous convient probablement pas.
  • Avisez votre conseiller chaque fois qu’il se produit un changement dans votre situation. Tout changement doit donner lieu à une mise à jour de vos renseignements liés à la connaissance du client et exige que votre conseiller effectue une nouvelle évaluation de la convenance, au terme de laquelle il pourrait recommander d’apporter des modifications à votre portefeuille.
  • Maintenez un dialogue ouvert avec votre conseiller. Cet échange est très important pour l’aider à comprendre votre situation et vos besoins financiers. Discutez aussi avec votre conseiller de la fréquence de vos rendez-vous pour passer en revue votre plan financier dans l’avenir, la fréquence à laquelle il fera le point sur le rendement de votre compte et le délai dans lequel il donnera suite à vos appels ou répondra à vos courriels.
  • Examinez vos relevés de compte et vos avis d’exécution d’opération. Vous devriez recevoir un relevé de compte au moins une fois par trimestre et un avis d’exécution d’opération pour chaque achat ou rachat d’un produit de placement. Les relevés de compte contiennent des renseignements précieux sur les placements que vous détenez, leur rendement et les frais qui y sont associés. Communiquez avec votre courtier si vous ne recevez aucun relevé de compte ou avis d’exécution d’opération, ou si les renseignements figurant sur ces documents ne concordent pas avec vos dossiers. Assurez-vous que vos relevés ne contiennent que des opérations et des frais que vous avez approuvés.
  • Prenez connaissance des documents que vous recevez. Si un document traite d’un sujet qui vous préoccupe ou que vous ne comprenez pas, n’hésitez pas à en parler avec votre conseiller ou votre courtier.