La confiance des investisseurs canadiens est au plus bas au moment où l’inflation frappe durement leur épargne et leurs placements

Femme d’affaires qui consulte des graphiques sur un ordinateur.

Les Canadiens ne sont pas certains de réaliser leurs objectifs financiers en raison de l’inflation et de l’augmentation du coût de la vie. 

La première enquête menée par l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et Innovative Research Group révèle que seulement 21 pour cent des Canadiens sont convaincus de pouvoir réaliser leurs objectifs financiers. Cette enquête, menée auprès de 3 400 adultes canadiens, a été effectuée en janvier 2024 et donne un aperçu de l’état d’esprit des investisseurs.

Parmi les répondants qui ont dit qu’ils n’étaient pas certains de pouvoir réaliser leurs objectifs financiers, 66 pour cent ont indiqué que l’inflation et la hausse du coût de la vie étaient des facteurs qui les empêchaient d’investir.

En ce qui concerne les Canadiens qui ont continué d’investir durant la période de douze mois précédant immédiatement l’enquête, 45 pour cent d’entre eux ont affirmé qu’ils avaient investi le même montant que celui de l’année précédente. Cependant, 29 pour cent ont indiqué qu’ils avaient investi un montant moins élevé ou qu’ils n’avaient pas investi du tout. Parmi les répondants qui ont cessé d’investir ou réduit le montant de leurs placements, 60 pour cent ont mentionné que l’inflation et le coût de la vie étaient la principale raison pour laquelle ils ne disposaient pas de l’argent nécessaire pour effectuer des placements. 

Les aînés et les jeunes : l’inflation en tant que problème générationnel

L’enquête permet d’examiner de façon approfondie la façon dont les Canadiens se sentent à propos de leur épargne et de leurs perspectives de placement. 

Sans surprise, le fait de ne pas avoir assez d’argent pour investir est la principale raison (61 pour cent) qui empêche les Canadiens d’effectuer des placements.  Cependant, l’enquête révèle également que 40 pour cent des Canadiens âgés de 18 à 34 ans ont dû emprunter de l’argent pour assumer leurs dépenses quotidiennes au cours de la dernière année, comparativement à 11 pour cent des aînés. Compte tenu des taux d’intérêt élevés, les perspectives de ces Canadiens sont peu reluisantes. 

L’avenir incertain : les personnes financièrement vulnérables

En plus de l’âge, les sondeurs ont tenu compte des caractéristiques et des particularités démographiques des répondants comme le genre, les connaissances financières, l’actif total à investir et la vulnérabilité financière.

Parmi ceux qui ont été identifiés comme financièrement vulnérables, 75 pour cent des plus vulnérables ont dit qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour investir. L’enquête montre que plus le nombre d’épreuves de la vie (problèmes de santé, problèmes de santé mentale, handicaps, accidents, blessures, divorce, fonctions d’aidant naturel et décès) augmente, plus les gens accordent la priorité au remboursement des dettes et à l’établissement d’un fonds d’urgence plutôt qu’à l’épargne pour la retraite. 

L’enquête établit aussi une possible corrélation entre la fréquence des épreuves et la fréquence et la durée des préoccupations financières. En ce qui concerne les répondants qui ont signalé de multiples épreuves, 61 pour cent d’entre eux s’inquiètent tout le temps ou la plupart du temps de leur revenu.

Plus les Canadiens sont frappés par des problèmes de santé et de dures épreuves, plus leur confiance dans la réalisation de leurs objectifs financiers diminue. Au total, 73 pour cent de ceux qui n’ont subi aucune épreuve majeure affirment être convaincus de pouvoir surmonter les épreuves de la vie, comparativement à 56 pour cent de ceux qui font face à de multiples épreuves — une différence de 17 points. Lorsqu’on tient compte du fait que les objectifs financiers sont davantage axés sur le remboursement des dettes et l’établissement d’un fonds d’urgence lorsque le nombre d’épreuves augmente (une constatation secondaire de l’enquête), cette disparité a des conséquences sur les perspectives financières à long terme des Canadiens. 

Les finfluenceurs en tant que source de renseignements

Bien que la plupart des Canadiens affirment obtenir des renseignements et des conseils auprès des conseillers financiers (42 pour cent) et des banques et institutions financières (39 pour cent) lorsqu’ils doivent prendre des décisions financières, 38 pour cent disent demander des conseils à des amis ou à des membres de leur famille. 

Toutefois, la technologie exerce une incidence puisque les Canadiens se tournent aussi vers les réseaux sociaux et les influenceurs financiers (ou finfluenceurs) pour obtenir des renseignements. Alors que 17 pour cent des investisseurs obtiennent des renseignements et des conseils au moyen des actualités (presse écrite, télévision et actualités en ligne), 22 pour cent ont recours aux réseaux sociaux, aux forums et aux finfluenceurs pour obtenir des renseignements financiers. Parmi ces répondants, 44 pour cent croient que l’information qu’ils reçoivent est aussi utile que celle qu’ils obtiendraient d’un conseiller financier réglementé, et 12 pour cent croient qu’elle est plus utile. 

Le Bureau des investisseurs de l’OCRI

Le mandat du Bureau des investisseurs de l’OCRI comprend la recherche sur les attitudes, connaissances, croyances et comportements des investisseurs canadiens qui peut servir à l’élaboration de politiques réglementaires. 

« Notre objectif est d’accroître la confiance des investisseurs et de nous assurer qu’ils ont accès à des conseils financiers fiables et réglementés », a déclaré Karen McGuinness, première vice-présidente au Bureau des investisseurs. 

Les résultats de l’enquête orienteront les travaux de l’OCRI et du Bureau des investisseurs et serviront de fondement à des recherches et sondages futurs. Ils contribueront également à la réalisation de projets de politiques réglementaires et de sensibilisation qui visent à soutenir l’ensemble des investisseurs canadiens.